La petite histoire

Le 30 octobre 1970,  une poignée d’artistes écrivit le nom du poète Axel Toursky sur le fronton d’une salle de quartier, à Saint-Mauront, rêvant de poursuivre les belles aventures du Théâtre Quotidien de Marseille et d’Antoine Bourseiller.  La Compagnie Richard Martin était née.

En 1971, Richard Martin fonde le Théâtre Toursky sur ce qui n’était qu’un hangar.

C’était, disait-on en ce temps, une grande folie que de rêver installer dans un quartier populaire et blessé une action théâtrale décentralisée.

L’idée même de création semblait à presque tous une utopie. En 1974, l’orientation artistique et citoyenne de Richard Martin débouche sur une création pionnière. Il équipe un autobus, le Théâtrobus, et égrène ses spectacles dans les cités. Amener sa troupe aux pieds des tours était une façon originale d’inscrire le théâtre dans les quartiers.

Pugnace et isolée, l’équipe du Toursky creuse son sillon. Ateliers, débats, collaboration avec le tissu associatif, les échanges avec les habitants se multiplient. Cette démarche est d’autant plus inédite qu’à l’époque, ni le travail social, ni la Politique de la Ville n’existaient encore.

Défendant farouchement l’idée que l’Art peut changer le social et les mentalités en combattant l’obscurantisme, Richard Martin et son théâtre n’avaient pas fini de tisser des liens entre le quartier, la Méditerranée et la citoyenneté.

Pendant quarante ans, convaincu qu’un théâtre replié sur ses valeurs et son histoire est condamné à l’épuisement, Richard Martin n’a cessé de se battre pour présenter à tous les publics les courants majeurs de la création artistique contemporaine française et internationale.

Utilisant les différences culturelles comme une force, il crée un lieu singulier dans lequel l’artiste est un messager qui se bat contre la bêtise et l’intolérance avec pour seule arme… des cris d’oiseaux.

Laboratoire artistique, espace de création, le Toursky accueille ainsi les saltimbanques du monde qui, au-delà de leur art, nous convient à faire tomber les barrières culturelles et sociales qui s’opposent au dialogue entre les peuples.

Des artistes pour qui la guerre est un aveuglement, une faillite de l’intelligence, un accroc dans l’homme et qui ont en commun de se faire entendre pour que ceux qui attisent les haines et provoquent de véritables vindictes ethniques et religieuses reviennent sur la radicalité de leur prise de position.

Il n’est de paroles que celles qui remettent l’homme debout, fidèle à la conscience éclairée qu’il a du monde et de ses frères.