Droit de réponse du Théâtre Toursky aux déclarations de Madame d’Estienne d’Orves dans l’article de Zibeline Hebdo n°37-38

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Marseille, le 6 juin 2019

 

Droit de réponse du Théâtre Toursky aux déclarations de Madame d’Estienne d’Orves
dans l’article de Zibeline Hebdo n°37-38

 

Stop aux mensonges, aux déformations et manipulations de toutes sortes et d’où qu’elles viennent.

Depuis que le Toursky est entré publiquement en résistance active contre la politique culturelle injustifiée et injustifiable de la Ville de Marseille à son encontre, Madame d’Estienne d’Orves, quand elle est interrogée en qualité d’adjointe à la culture sur les raisons de l’entrée en résistance du Théâtre, ne cesse, en guise de réponses, de déformer la vérité, les faits ou les chiffres.

Dans le dernier article de Zibeline, publié par Madame Agnès Freschel et dont le titre pseudo provocateur est « Qui veut la peau de Richard Martin ? », nous avons relevé tellement de mensonges, de déformations de la vérité, de volonté de manipulation de l’opinion publique que nous faisons publiquement cette réponse.

Tout ce que nous écrivons ici, mais aussi dans tous nos courriers et/ou communiqués déjà publiés précédemment sur notre site, est vérifiable par tous, journalistes, citoyens… Si Madame d’Estienne d’Orves désire nous attaquer en diffamation, comme elle semble l’insinuer dans l’article de Zibeline et bien, qu’elle le fasse, nous verrons bien qui ment.

 

LES FAITS, LES CHIFFRES ET LA VÉRITÉ

1°) À la journaliste de Zibeline qui lui demande dans l’article cité plus haut en référence, « que se passe-t-il avec le Toursky ?», Madame d’Estienne d’Orves répond « le Toursky est un lieu historique et nécessaire ». Elle ajoute « Richard Martin qui l’a créé est une figure incontournable de la ville, un artiste fantastique avec un cœur énorme ! ».

Oh, que de compliments ! Mais après de telles affirmations sympathiques, nous nous interrogeons. Pourquoi donc autant de maltraitance envers Richard Martin et son théâtre ? Pourquoi retirer à ce lieu historique et nécessaire, dirigé par une figure incontournable et un artiste fantastique, ses subventions ?

Madame d’Estienne d’Orves poursuit : « Mais il a été impossible pour nous de nous asseoir à la table avec lui et de bâtir un projet de territoire et un projet d’avenir pour ce théâtre ».

Ah, donc, le problème viendrait, non pas de la Ville, mais des dirigeants du Toursky qui refuseraient, selon elle, de s’asseoir autour d’une table. 

Consternation de notre part ! Car soit cette dame est frappée d’amnésie, soit elle ne dit pas la vérité, essayant donc de faire porter au Toursky la responsabilité de… Mais de quoi, au juste ? De notre colère contre la Ville qui ne tient pas ses promesses de soutenir davantage le Toursky pour la gestion de la nouvelle salle et nous réduit, à l’inverse des autres théâtres, brutalement et sans avertissement, sans explication, sans préavis, nos subventions ?

Et tout cela serait parce que nous avons refusé de discuter avec la Ville ?

Mais, nous sommes en colère justement parce que depuis 2015, nous n’avons eu de cesse de demander à la Ville, par courriers ou par mails (à Monsieur Gaudin, à Monsieur Cavalier, à  Madame d’Estienne d’Orves) des rendez-vous pour évoquer avec eux, l’avenir de ce théâtre depuis la gestion de la nouvelle salle Léo Ferré.

Nous tenons à disposition tous nos mails et courriers où nous demandons des rendez-vous avec la Ville.
À l’inverse, Madame d’Estienne d’Orves, Monsieur Cavalier,  Madame Berbon, peuvent-ils, eux,  fournir un courrier, une notification ou un mail dans lequel ces derniers demanderaient au Toursky une rencontre pour pouvoir bâtir ensemble un projet d’avenir pour le Toursky ? Ou encore, un projet de territoire pour y inscrire le Toursky ? Et aussi, peuvent-il fournir, si un tel courrier existait, notre refus de les rencontrer ?

Nous défions Madame d’Estienne d’Orves de justifier ses dires.

En réalité, nous avons toujours déploré que Madame d’Estienne d’Orves, Monsieur Cavalier, n’aient jamais eu l’envie de venir au Toursky, comme le faisaient avant eux, leurs prédécesseurs, Monsieur Daniel Hermann, Monsieur Serge Botey, Monsieur Jean Mangion.

La vérité est que nous avons réussi seulement deux fois en 6 ans à voir Madame d’Estienne d’Orves. Deux rendez-vous courts. Le premier en présence de Richard Martin, Françoise Delvalée, administratrice et Nadia Dhoukar secrétaire générale du Toursky en poste à l’époque. C’était  le 1er décembre 2015.

Durant ce premier rendez-vous, nous lui avons exposé nos inquiétudes face aux difficultés financières que le Toursky n’allait pas manquer de rencontrer sans soutien dédié pour la gestion de la nouvelle salle. Nous avons rappelé à Madame d’Estienne d’Orves, la promesse de Monsieur Gaudin de soutenir cet espace, promesse faite publiquement en janvier 2014.

Madame d’Estienne d’Orves nous a répondu qu’elle allait réfléchir et qu’elle nous donnerait sa réponse. Nous attendons toujours aujourd’hui sa réponse malgré nos relances.

Sans aucune réponse de sa part donc, à ce premier rendez-vous, le Toursky s’est démené pour organiser une table ronde qui réunirait tous les partenaires institutionnels.
La première table ronde a donc eu lieu en octobre 2016. Là encore, pendant cette table ronde la Ville n’a évoqué aucune demande spécifique concernant un projet d’avenir pour le Toursky. Elle est même restée étrangement silencieuse, n’écoutant pas les débats, le nez dans les chiffres que nous lui avions fournis. Puis, en fin de réunion, Monsieur Cavalier a parlé du Festival russe et d’un spectacle programmé, L’Opéra de 4 sous de Bertolt Brecht, qui avaient été déficitaires. Nous lui avons expliqué que malheureusement les attentats du Bataclan, avaient eu lieu 15 jours avant cette programmation, ce qui expliquait la frilosité du public. Nous lui avons aussi expliqué que depuis toujours et dans tous les théâtres, il y avait  des spectacles en déficit (nous n’avons pas de boule de cristal quand nous établissons la programmation) mais que par contre, d’autres spectacles étaient bénéficiaires et que ces derniers permettaient de rétablir les écarts financiers. Nous avons aussi rappelé que le Toursky avait toujours réussi à équilibrer ses comptes avant la gestion de la nouvelle salle Léo Ferré. En colère, Monsieur Cavalier s’est écrié : « Alors qui paie ? ». Nous lui avons rappelé la promesse de Monsieur Gaudin de soutenir l’Espace Léo Ferré.
Fin de la première table ronde.


Par la suite, aucune nouvelle de la Ville. Nous (Richard Martin et Françoise Delvalée) avons donc demandé et réussi à arracher en janvier 2017 un deuxième rendez-vous à la Ville avec Madame d’Estienne d’Orves et Monsieur Cavalier. Là encore, nous avons rappelé à Madame d’Estienne d’Orves, qui nous disait combien elle était attachée au Toursky, la promesse de Monsieur Gaudin de soutenir financièrement l’Espace Léo Ferré s’il était réélu.

Madame d’Estienne d’Orves, mal à l’aise, nous a expliqué qu’elle ne pouvait pas tenir la promesse du Maire de subventionner l’Espace Léo Ferré. C’est la première fois, que Madame d’Estienne d’Orves ou qu’un représentant de la Ville exprimait ouvertement cette intention de ne pas respecter la promesse de Monsieur Gaudin. Madame d’Estienne d’Orves a alors assuré que si elle ne pouvait pas tenir la promesse de Monsieur Gaudin, elle nous faisait par contre une autre promesse : celle de ne pas baisser nos subventions.

Nous étions tellement abasourdis par une telle affirmation qu’il s’en est suivie alors une discussion houleuse dans laquelle nous avons reproché à la Ville de mettre le Toursky en grande difficulté car la gestion de l’Espace Léo Ferré ne pouvait pas se faire sans subvention dédiée et spécifique. Nous avons aussi souligné que c’était un grand danger pour la démocratie que les élus ne respectent pas leurs promesses.

Fin du dernier rendez-vous.


Deuxième table ronde en mai 2017. Étaient encore présents à ce rendez-vous les représentants du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, du Conseil Régional, de la Ville de Marseille et de la DRAC PACA. Exceptionnellement, ce jour-là une représentante de l’Etat était aussi présente.

Là encore, pendant ce rendez-vous important pour nous et l’avenir du Toursky, nous avons ré-expliqué les raisons des difficultés pour le Théâtre, sans soutien supplémentaire de gérer sans déficit ce nouvel Espace Léo Ferré.

Françoise Delvalée a aussi indiqué que, soucieuse de rétablir l’équilibre financier du Toursky, mis en danger car depuis 2015 la Ville ne respectait pas la promesse de Monsieur Gaudin de soutenir le fonctionnement de l’Espace Léo Ferré, elle avait mis en place un plan de redressement interne qui consistait pour le Toursky en l’annulation de sa programmation pour le dernier trimestre 2017 et l’organisation de galas d’artistes venus bénévolement soutenir le Théâtre.
Elle a aussi expliqué, toujours dans le cadre de ce plan de redressement interne, l’obligation de licenciement de deux membres du personnel, le non recrutement de salariés supplémentaires pourtant nécessaires au bon fonctionnement des deux salles, le non versement pour tous les salariés des primes de fin d’année…

À l’écoute des problèmes du Toursky, le Conseil Général a confirmé une aide de 10 000 euros qu’il avait déjà octroyée en 2016, le Conseil Régional une aide de 20 000 euros, la DRAC PACA, quant a elle, a annoncé une aide de 20 000 euros. Soit un total de 50 000 euros d’aides supplémentaires octroyées pour la gestion de la salle Léo Ferré par les autres institutions de tutelle. La Ville de Marseille a donc été la seule à n’avoir apporté aucun soutien financier supplémentaire. À la représentante de l’Etat qui lui demandait alors pourquoi la Ville de Marseille avait-elle construit ce nouveau lieu si elle n’avait pas l’intention de le subventionner, Monsieur Cavalier a répondu : « la Ville de Marseille, depuis Marseille Capitale Européenne de la Culture n’a plus d’argent et ne peut honorer la promesse de Monsieur Gaudin » — pourtant dans le même temps, la Ville de Marseille augmentait les subventions d’autres théâtres. Toutefois, Monsieur Cavalier a affirmé publiquement que la Ville maintiendrait les subventions du Toursky.

Fin de la deuxième table ronde.


Puis, nous n’avons plus jamais eu aucune nouvelle de la Ville, aucun rendez-vous accordé, aucune rencontre. Alors quand Madame d’Estienne d’Orves affirme qu’il faudrait encore pouvoir discuter avec nous, et qu’il a été impossible pour eux de s’asseoir à une table avec nous, nous affirmons publiquement que Madame d’Estienne d’Orves ment.

De plus, Madame d’Estienne d’Orves, manipulant sciemment les faits, n’avoue pas qu’en octobre 2017, quelques mois plus tard après cette deuxième et dernière table ronde, ne respectant aucune de ses promesses, la Ville de Marseille, alors qu’elle savait parfaitement que nous étions en difficulté car elle n’avait pas soutenu financièrement la nouvelle salle, nous a retiré, sans courrier, sans avertissement, sans préavis, 15 000 euros.

Les réductions de nos subventions ne s’arrêteront plus.

La Ville, en 2018, puis en 2019, toujours sans explication, sans préavis, sans avertissement, nous a retiré  85 000 euros.

Soit une réduction totale de 170 000 euros en deux ans. En plein exercice et en plein effort de redressement.

Nous avons écrit et demandé un rendez-vous à Monsieur Gaudin. Nous n’avons reçu aucune réponse.

Devant un tel mépris, nous avons donc décidé en avril 2019 de « rentrer en résistance active ».

Alors quand Madame d’Estienne d’Orves se permet de dire dans l’article de Zibeline qu’« elle n’est pas contre le fait de remonter la subvention de Richard Martin » et qu’elle ajoute, « encore faudrait-il pouvoir discuter… », nous sommes révoltés par ce dévoiement de la vérité.

 

 

2°) Poursuivons.

À la question de la journaliste qui lui demande : « Monsieur Gaudin avait promis publiquement de financer la deuxième salle. Êtes-vous contre son existence ? ». Madame d’Estienne d’Orves répond : « Non. Pas du tout, même si je n’étais pas aux affaires du temps de cette promesse ».

Ouf ! Tant mieux, Madame d’Estienne d’Orves affirme ne pas être contre l’existence de cette deuxième salle. Ceux qui à la Ville l’ont décidé avant elle, doivent être soulagés et rassurés aussi !

Quant à Monsieur Gaudin, il n’a qu’à bien se tenir ! Et tant pis si notre courageuse adjointe à la culture piétine les promesses de Monsieur le maire ! Après tout, avant de faire cette promesse publique, Monsieur Gaudin aurait dû attendre l’arrivée de Madame d’Estienne d’Orves ! Tous les électeurs de Monsieur Gaudin le savent ! C’est elle que les citoyens de cette Ville ont élue, pas Monsieur Gaudin !

Et Madame d’Estienne d’Orves d’expliquer à Zibeline : « Il a créé un lieu qui comble un vide, cette deuxième salle était certainement nécessaire ».

Cette même dame affirmait d’ailleurs dernièrement au journal La Marseillaise : « la salle Léo Ferré, est un agrandissement du Toursky sans projet défini ». Elle avait aussi affirmé : « Je n’étais pas là à l’époque mais il (sous-entendant Richard Martin) avait dit qu’il se débrouillerait seul ». En résumé, Madame d’Estienne d’Orves avoue que quand la construction de cet espace s’est décidée, elle n’était pas là et que Richard Martin aurait dit à quelqu’un qu’il se débrouillerait seul.  À qui ?  Et quand ? Mystère et boule de gomme, personne ne le sait. Nous recherchons encore cet inconnu. Aussi Madame d’Estienne d’Orves, sans état d’âme, avoue son ignorance sur le fait que cette salle a pourtant bien été construite sur un projet détaillé (voir article en annexe).

Balayant sans ciller les raisons de ses prédécesseurs ou celles de Monsieur Gaudin de créer pour le Toursky l’Espace Léo Ferré, Madame d’Estienne d’Orves poursuit et explique à Zibeline : « Mais il faut penser le territoire plus globalement. Nous avons créé des pôles hyper intéressants avec la Joliette et le Lenche, le Gymnase et les Bernardines, aujourd’hui le Merlan et la Gare Franche ».


En fait de pôles intéressants, revenons sur une bien plus effrayante réalité. 

Le Théâtre du Gyptis a fermé, puis le Lenche aussi, Les Bernardines également et enfin La Gare Franche après la mort de son créateur Wladislaw Znorko, qui a créé nombre de ses spectacles au Théâtre Toursky et avec lequel Richard Martin compagnonnait depuis longtemps. La Ville a chassé Marie-Claude Pietragalla, une artiste magnifique, puis tous ses successeurs, il n’y a plus d’artistes permanents au ballet. Le Festi’Femmes, dirigé par Eliane Zayan, a perdu, après 25 ans d’existence, l’intégralité des subventions de la Ville de Marseille.

Fière de ces fermetures ou de ces suppressions de subventions, la Ville, dit avoir créé ainsi des pôles hyper intéressants !

Hyper intéressant pour qui ? Pour les artistes, le public ? En fait, la Ville fait comme les hypermarchés Casino. Elle crée des succursales. Puis se débarrasse des directeurs. Pourtant un directeur artistique permet avec sa vision personnelle, sa sensibilité, de développer la diversité dans la création et les propositions artistiques. Ce qui est, à nos yeux, unique et précieux. Pourquoi casser ces diversités ? Si ce n’est pour briser les résistances et avoir des personnes au garde à vous ? Il est en effet plus facile de discuter avec un seul directeur qui a le monopole de 4 théâtres qu’avec 4 directeurs. Ce que Madame d’Estienne d’Orves nomme pôles hyper intéressants, nous, nous disons que c’est un recul de la démocratie et de la liberté d’expression.

Est-ce pour cela qu’elle nous baisse les subventions ? Mais d’ailleurs, Madame d’Estienne d’Orves nous a t-elle proposé de nous unir avec quelqu’un ? Et dans ce cas, avec qui ? Encore un inconnu à rechercher dans cette ville !

Sans état d’âme sur ses mensonges, Madame d’Estienne d’Orves affirme : « nous additionnons les moyens, nous ne baissons pas les subventions en mutualisant les lieux ».

Alors pourquoi a t-elle baissé celles du Toursky alors même que nous avions une deuxième salle à gérer ? Là aussi, mystère et boule de gomme car jamais Madame d’Estienne d’Orves n’a donné les raisons des baisses successives de nos subventions.

 

 

Mais poursuivons les faits :

3°) Elle ajoute qu’elle doit aider « Richard Martin à écrire la suite du projet. Pas un autre projet, son théâtre est plein, dynamique, mais il faudra sans doute plus tard s’ouvrir différemment, moderniser certaines choses. Et réfléchir à comment développer l’Espace Léo Ferré sans pénaliser le théâtre ». Donc, à 8 mois de son départ de la Ville, Madame d’Estienne d’Orves, qui a toujours refusé de soutenir l’Espace Léo Ferré, baisse les subventions du Toursky pour l’aider à écrire la suite du projet ! Mais c’est totalement incompréhensible ! D’ailleurs à part elle, qui comprend ?

Elle déclare aussi que le Toursky est plein et dynamique – trop peut-être à son goût –, et c’est pour cela (parce qu’il est plein et dynamique) qu’elle doit réfléchir à écrire la suite du projet ?

Un projet qu’elle ne connaîtrait pas mais dont elle dit le plus grand bien !

Pitié Madame, laissez le Toursky vivre sa vie. Il le fait depuis 50 ans sans vous et le poursuivra après votre départ.

Vous parlez de modernité ?  Il n’y a pas plus rétrograde et dangereuse comme idée de vouloir museler les artistes et les théâtres. Cela fait penser à des temps que nous espérons ne jamais voir revenir en France.

Par contre nous attendons avec impatience, avec fébrilité même, que la Ville vienne moderniser nos locaux : il pleut dans le théâtre, la climatisation est en panne depuis 10 ans, les égouts sont bouchés, les loges délabrées… 

 

 

4°) À la question de Zibeline qui demande si cette baisse a à voir avec le fait que le Toursky est le seul théâtre qui accueille des réunions politiques (ce qui est faux d’ailleurs, le Toursky n’accueille aucune réunion politique) ou les gilets jaunes (cela par contre est exact) notre admirable adjointe à la culture se rebiffe : « Franchement regardez un peu qui on finance ! On ne peut pas nous soupçonner de censure politique, nous ne regardons pas l’étiquette de quelqu’un mais quel est son projet artistique pour la Ville. Jamais la politique n’entre en jeu. (Et elle souligne) Jamais ». Donc, si on comprend bien ce que dit notre sincère adjointe à la culture, les baisses de nos subventions par la Ville (nous nous accrochons à essayer de comprendre) ne seraient pas politiques mais seraient dues à notre projet artistique ! Ce projet artistique dont elle vient de dire le plus grand bien ainsi que Monsieur Gaudin qui reconnaît publiquement ce que la Ville doit à Richard Martin sur le plan culturel ?

Dur, dur de suivre…

 

 

5°) Enfin Zibeline demande en conclusion à Madame d’Estienne d’Orves: « Richard Martin (le méchant polisson !) affirme que la Ville baisse ses subventions pour augmenter le Gymnase Bernardines et le Festival de Jazz des 5 continents que vous avez longtemps dirigé. »

Avant donc de donner la réponse de Madame d’Estienne d’Orves à Zibeline, le Toursky fait une rectification de taille. Nous n’avons jamais affirmé que les baisses des subventions du Toursky étaient dues à l’augmentation des subventions du Gymnase.

Nous avons par contre écrit et demandé à la Ville pourquoi il y avait deux poids, deux mesures envers les deux théâtres. En effet, et nous nous en réjouissons pour lui, ses artistes et son public, le Gymnase s’est vu octroyé une subvention supplémentaire de 400 000 euros (quand même !) pour la gestion des Bernardines alors que dans le même temps, le Toursky subissait, lui, sans raison et sans explication, et alors qu’il avait déjà beaucoup moins de moyens que le Théâtre du Gymnase, une baisse de sa subvention de 85 000 euros alors qu’il avait, comme le Gymnase, une salle supplémentaire à gérer.

Nous soulignons que notre programmation ainsi que toutes nos autres activités sont aussi prestigieuses que celles du Gymnase-Bernardines. Il serait intéressant de comprendre pourquoi le Toursky est aussi mal traité car, aux yeux de n’importe quel observateur objectif, il existe une incroyable et incompréhensible différence de traitement qui résulte par une différence abyssale de subvention de 1 085 000 euros (un million quatre-vingt cinq mille euros) de plus en faveur du Gymnase Bernardines. Nous persistons à demander : pourquoi ?

Après cette rectification et cette interrogation de notre part, revenons donc sur les explications de Madame d’Estienne d’Orves à Zibeline : « les théâtres de Bluzet, après une hausse logique ont perdu 20 000 euros cette année. Du moins, s’il n’y a pas de rattrapage ».

Ouf, nous sommes soulagés et nous nous réjouissons pour Monsieur Bluzet  qui a dû avoir très peur car il est sous-jacent dans la réponse de notre fervente adjointe à la culture qui défend avec ardeur ses ou plutôt son directeur des théâtres, que la Ville ne retirera pas 20 000 euros au Gymnase. Il a d’ailleurs à ce jour déjà perçu l’intégralité de ses subventions (sauf les 20 000 euros). Soit un total de 2 010 000 euros. Alors que nous, les vilains petits canards, nous sommes dans l’obligation malgré les frais bancaires supplémentaires que cela implique, d’attendre les derniers votes de juin ou d’octobre…

Mais revenons aussi sur l’affirmation de notre chère adjointe à la culture. Si c’est une hausse logique pour Monsieur Bluzet de recevoir 400 000 euros supplémentaires pour la gestion des Bernardines, est-ce logique que Richard Martin subisse quant à lui de plein fouet une baisse de 85 000 euros pour la gestion de sa nouvelle salle et alors même que le Maire lui avait promis publiquement une augmentation ?

La Ville sur cela, ne répond rien ! Et Monsieur Bluzet, qu’en pense-t-il ?

Par contre, Madame d’Estienne d’Orves affirme que « Richard Martin est un impulsif et qu’elle ne lui en veut pas mais que cela relève de la diffamation ». Mais oui, tout le monde sait que Richard Martin, est un vilain petit canard, doublé d’un méchant polisson !
Elle ajoute : « quant au Festival de Jazz des 5 continents, depuis que je suis adjointe à la culture, je suis particulièrement attentive à ne pas les augmenter… Leur subvention a baissé depuis 2014 et ils m’en veulent un peu… ».

Comme Madame Freschel, dans son encart intitulé : « La faim, les fées, les faits » affirme comme Madame d’Estienne d’Orves que les subventions du Gymnase et du Festival de Jazz des 5 continents n’ont pourtant pas été augmentées, nous nous permettons de publier ces chiffres à leur place. Chiffres que nous avons trouvés facilement sur le site officiel de la mairie : mairie.marseille.fr.

Donc à moins que nous ayons la berlue ou qu’une secrétaire de la mairie se soit trompée dans les chiffres, tout le monde peut vérifier sur le site de la Ville de Marseille. Il faut mettre ensuite les dates des années concernées.

Nous nous étonnons d’ailleurs que la rédactrice en chef de Zibeline, si désireuse et pressée d’afficher les salaires des dirigeants du Toursky, n’hésitant pas pour cela à nous mettre la pression, suggérant que les pires bruits circulent sur nous, à la Ville ou en ville (on ne sait pas vraiment) car finalement, ce serait la profession ou dans notre propre conseil d’administration où on n’aurait pas que des « amis », jetant ainsi l’opprobre sur tout le monde (mais c’est pour mieux nous soutenir ! Il faut s’accrocher là aussi pour comprendre…), ne vérifie pas les chiffres de Madame d’Estienne d’Orves avant de les confirmer.  — Du reste, les chiffres de 2016 à 2018 de nos subventions dans le tableau que Madame Freschel a publié dans son article sont erronés. Quant à l’année 2019, comment peut-elle les publier puisque nous ignorons encore à ce jour le montant de nos subventions par l’ensemble de nos institutions ?
Autre interrogation sur nos salaires. Après tout, s’il faut absolument que l’on publie les nôtres puisqu’on parle d’argent public,
pourquoi s’abstient-elle de publier les salaires des autres directeurs de théâtres, festivals… Et aussi leurs subventions en comparaison avec leurs activités ?

Le Festival de Jazz des 5 continents :

Avant l’arrivée de Madame d’Estienne d’Orves : année 2015 : 965 000 euros
Après l’arrivée de Madame d’Estienne d’Orves : année 2017 : 1 034 000 euros.

Donc, sauf si une nouvelle méthode de mathématiques modernes aurait échappé aux vilains petits canards que nous sommes, le Festival de Jazz des 5 continents a bien bénéficié d’une augmentation totale de 69 000 euros pour une quinzaine de jours de programmation et 6 à 9 salariés.

Nous nous en réjouissons sincèrement pour lui.

Et aussi, le Gymnase-Bernardines :

Année 2015 : 1 600 000 euros
Année 2017 : 2 030 000 euros

Soit une augmentation de 430 000 euros en faveur du Gymnase. Là encore, nous nous en réjouissons sincèrement pour lui.

Quant au Toursky, nous persistons et nous signons, nous avons été amputés de 85 000 euros.

Nos subventions ont régressé, malgré une salle supplémentaire à gérer et la promesse de Monsieur Gaudin de soutenir davantage le Toursky, passant de 1 030 000 euros à 945 000 euros soit un saut en arrière gigantesque de 24 ans ! Pour un an de programmation pleine, deux salles à gérer et 35 salariés.

Nous attendons sereinement les poursuites en diffamation de Madame d’Estienne d’Orves. Et nous lui disons aussi publiquement que nous sommes d’accord avec son affirmation : c’est bien d’argent public dont il s’agit.

Cet argent public est l’argent de nos impôts.  Et elle ne peut le distribuer au gré de ses envies, amitiés ou intérêts…

Est-ce le souhait des citoyens de cette ville que Monsieur Gaudin ne tienne pas ses promesses de soutenir davantage le Toursky, pourtant si cher au cœur des Marseillais et bien au-delà car le public vient de Bretagne, de Belgique, de Paris, de Corse, de Montpellier, de Nice, Monaco…, mais aussi cher au cœur des centaines d’artistes qui le soutiennent ?

Car enfin de quoi et de qui parle t-on ? Nous ne sommes pas une entreprise du CAC 40 qui écrase les prix et les enfants, comme le disait Léo Ferré. 

Nous ne sommes pas un parti politique où tous les coups bas sont permis !

Nous sommes un théâtre ! Nous sommes LE Toursky. Ce théâtre est né par la volonté de Richard Martin dans ce quartier le plus abandonné et le plus pauvre d’Europe, un théâtre d’éducation populaire tourné vers le peuple. À l’époque, il avait créé le « théâtrobus », un autobus qui portait le théâtre dans les cités, Edmonde Charleroux en était la marraine, Robert Vigouroux le parrain.

Nous œuvrons pour la culture et la fraternité. Toutes nos actions, notre programmation sont axées sur l’ouverture à la culture et à l’éducation pour tous, y compris pour les plus défavorisés. Nous accueillons la marche des sans-papiers, nous organisons la « Faites de la fraternité ». 

Richard Martin a signé plus de 40 créations, toutes saluées unanimement par le public et la presse, il travaille dans le monde entier. Nous avons fait découvrir et reçu les plus grands artistes, de tous les arts et disciplines du monde. De Léo Ferré, Moustaki, Félix Leclerc, Barbara, Nougaro, Bedos, Devos… au début de l’aventure en passant par Barbara Hendrix, Carolyn Carslon, Heiner Müller, Armand Gatti, Kantor, Roberto De Simone, Claude Régy, Matthias Langhoff et tant d’autres…
Tous les plus grands artistes français ou internationaux, de tous les arts, de toutes les cultures ont foulé les planches de ce théâtre et continueront à faire battre le cœur de ce quartier populaire pendant encore longtemps car nous résisterons et tiendrons la barre contre vents et marées. Nous accueillons aussi les jeunes compagnies ou les artistes débutants et tous les arts émergents et innovants. Nous organisons et accueillons des festivals internationaux dont le Festival russe dont nous allons fêter le 25
e anniversaire. Notre théâtre est ouvert sur l’international et nous travaillons avec les artistes et intellectuels du monde entier. Ce n’est pas une vue de l’esprit. C’est un fait.

 

Nous connaissons bien le proverbe : nul n’est prophète en son pays. Mais quand même. Alors que Richard Martin vient de recevoir ce lundi au Consulat russe par Monsieur le Ministre du Gouvernement de Moscou et Monsieur l’Ambassadeur de Russie qui représentaient Monsieur Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie qui, par décret, vient de décerner la décoration de l’Ordre de l’Amitié pour les actions fructueuses du rapprochement et d’enrichissement mutuel des cultures nationales et populaires, l’une des décorations les plus prestigieuses — avec Richard Martin, parmi les rares personnalités à avoir été honorées à ce jour, on compte Jean-Pierre Chevènement —, au lieu de soutenir à sa juste valeur donc au minimum pas moins que le Gymnase, ce lieu historique et incontournable comme vous le dites vous même, vous demandez un audit pour « vérifier si le projet culturel du Toursky est en adéquation avec le projet culturel de la ville » et vous baissez les subventions du Toursky sans raison – car personne ne tombe dans le piège de vos mensonges et manipulations.


Madame, nous en avons assez de votre maltraitance. Nous pourrions espérer mieux d’une élue.

Nous vous invitons à consulter notre pétition en ligne et à lire tous les commentaires de ceux qui se battront à nos côtés. Ils sont déjà des milliers. Michel Bouquet, qui n’a jamais signé de pétitions ou quoi que ce soit de sa vie, nous a rejoint et a signé pour la défense du Toursky.

À ce jour, déjà cinq personnes (en réalité six, car le nombre augmente petit à petit) sont déterminées à accompagner Richard Martin dans sa grève de la faim devant l’Hôtel de Ville en septembre si les subventions au Toursky ne sont pas rétablies et si l’aide supplémentaire promise pour l’Espace Léo Ferré  n’est pas votée en juin prochain. Des lycéens sont prêts à faire une grève de la faim tournante, aussi. 

Nous ne sommes pas sûrs que beaucoup de théâtres et ou pôles hyper intéressants dont vous parlez seraient accompagnés avec autant d’ardeur. Nous refusons aussi l’audit car il ne serait pas terminé quand vous ne serez plus là.

Et puis, un audit pour vérifier si le projet culturel du Toursky est en adéquation avec celui de la Ville nous paraît indécent, 24 ans après l’arrivée de Monsieur Gaudin à la Mairie et quelques mois à peine avant son départ.

Bientôt, les Marseillais vont élire une autre équipe, qui nous l’espérons et nous nous battrons pour cela, aura d’autres projets culturels plus glorieux.

D’ailleurs, à la veille de l’entrée en campagne des futurs candidats à la Mairie de Marseille, nous invitons tous les citoyens à étudier avec la plus grande attention le projet culturel des futurs aspirants à diriger cette Ville. Nous espérons qu’ils remettront enfin au cœur de leurs préoccupations l’intérêt des artistes et du public. Nous les invitons d’ailleurs à venir parler avec nous, les artistes et les acteurs culturels de cette Ville, ceux qui connaissent vraiment ce qu’est un projet artistique, ses enjeux et conséquences et non pas avec des technocrates qui ne sortent jamais de leur bureau et ne vont pas dans les lieux dont « ils projettent » un avenir incertain.

Françoise Delvalée,
Administratrice et Directrice de la communication du Théâtre Toursky

 


 

Pourtant, si Madame d’Estienne d’Orves avait pris la peine de s’y intéresser, la presse écrivait en ces termes à l’époque : 

« Réalisé en 2012-2013, l’espace Léo Ferré ce superbe et unique espace initié par l’architecte Édouard Sarxian présent ce dimanche a fait l’objet d’un week-end d’inauguration les 22 et 23 novembre en présence de Marc Hollogne et de l’équipe du Toursky. L’espace Léo Ferré, ce lieu poétique et magique, offre une belle salle de spectacle amovible pouvant accueillir deux cent personnes assises et trois cent cinquante personnes en configuration debout. Il s’est doté d’un magnifique restaurant « Les frangins de la night” pouvant accueillir le public avant le spectacle puis permettre de recevoir spectateurs et artistes à la fin des représentations. Un espace bar cosy est idéal pour les after et les avant soirées. Richard Martin en maitre de cérémonie a donné les grandes lignes du projet artistique de l’Espace Léo Ferré. Il s’engage à promouvoir des créations de jeunes compagnies de notre région et d’ailleurs, en les accueillant en résidence, y développera une programmation autour des musiques actuelles, classiques, lyriques, jazz et musiques du monde. Il devrait enfin permettre de développer les Universités Populaires. Il faut dire que Marseille ne possédait guère de salles de cette dimension. L’espace Léo Ferré se prête aussi aux expositions, colloques, réunions. Pour inaugurer ce lieu une création de Marc Hollogne, le créateur du Cinéma-Théâtre du 2 décembre au 3 janvier 2015. On pouvait y croiser quelques élus tels que Lisette Narducci et son équipe, députée maire du 2ème et 3ème arrondissement, Rudy Vigier pour la Région Paca, Smail Ali, conseiller municipal représentant le député Maire – Sénateur de Marseille JeanClaude Gaudin. Comme à son habitude, on est venu de toute la région, du département et de tous les quartiers de la ville pour découvrir ce nouveau lieu ».
— PerformArts, Décembre 2013