François Missen
Faites de la fraternité

« RETOUR »
FRATERNITÉ

Un grand merci à FRANÇOIS MISSEN pour ce texte pour la 6° édition de la Faites de la fraternité.

Avec le temps, avec le temps, tout s’en va…
Sauf la passion de Richard Martin. Elevé au biberon de la poésie, nourri par l’affection que lui portait Léo Ferré, Richard Martin est un conservateur de l’amitié. Donc de la fraternité.
Le rendez-vous annuel à La Belle de Mai est proche, mais comme tout événement tributaire de la pandémie, il fait appel à l’ingéniosité, l’engagement, la fidélité et la passion de l’organisateur pour ne pas laisser concéder au Covid la formule farouche ” Vae Victis.” Brennus n’est pas Martin.
Il suffit pour s’en convaincre d’écouter Richard et ses amis qui font le tour au jour le jour, des indications, hésitations, admonestations- contraventions éventuelles- des pouvoirs publics, pour que le rendez-vous soit honoré au théâtre Léo Ferré.
Et – n’est-il pas vrai- Léo perfuse de son amitié extra-terrestre sa passion pour que Marseille persévère dans ses passions,  avec de la poésie, avec des mots
Il y a des mots qui mentent et qui tuent
Et heureusement des mots qui éduquent.
Il faut choisir : Assassin du verbe, fanfaron, affabulateur, ou sage de la parole
Comme l’écrit Guillaume Apollinaire :
A la fin les mensonges ne me font plus peur
C’est la lune qui cuit comme un œuf sur le plat
Des mots des vrais, en voilà.
Léo Ferré au pupitre :
Qu’importe ton parler avec ses mots épiques
Ces mots qui sortent faire un tour avec l’accent
Ces mots qui ne sortent pas de Polytechnique
Oui mais quels mots, Marseille…
C’est Extra !
A toi Richard…
Il faut débrider les imaginaires
C’est Extra. !
Des mots pour combattre les maux.
Comment jouer avec le Covid ?
Mais on ne joue pas ! On l’embabouine, on le floue, on le l’entourloupe, on le couillonne, on le blouse :
Pas plus de 1000 personnes réunies au même endroit ? Impossible sur la terrasse du Théâtre !
Eh bien on bloquera la rue qui y mène !
Covid ? Baisé !
C’est Extra !
Comment ne pas se soumettre aujourd’hui ? Comme on ne s’est pas soumis lors de l’enfance difficile du théâtre. Quand ceux qui croyaient en cette salle délabrée des années soixante faisaient les poubelles de Marseille pour y ramasser les cartons préformés des œufs pour assurer une insonorisation des murs lézardés, humides, crevassés. Des anonymes se mêlaient à des artistes consacrés. Merci Bedos, Merci Moustaki, Férré, Félix Leclerc, Nougaro, Devos, Armand Gatti,
Et merci Mesdames Barbara, Barbara Hendrix, Carolyn Carslon qui ont imprégné de leur talent les murs naguère crasseux dans ce théâtre d’un arrondissement parmi les plus pauvres de France. Ils et elles sont en droit de demander des comptes au Covid.
C’est Extra !
Il faut rentrer dans la fête, dit Richard.
« Vive la vie » annonce la compagnie Interface. Une ode à la vie et à l’espoir dans l’humanité. Danse, théâtre, cirque et musique. La vie est belle, n’est ce pas, Roberto Benigni…
C’est Extra !
« Nous sommes tous frères et sœurs » Danse, danse Valerie avec tes amis !
C’est Extra !
« Cette ville où se croisent les cultures du monde continue à le faire par la fraternité au lieu d’affrontements et de repli sur soi, dit Martin. On peut à Marseille retrouver ce qui fait son originalité et sa force grâce à ces croisements. Il n’y a pas d’autre solution pour faire comprendre à ceux qui sont encore un peu sourds qu’il n’y a pas d’autre porte de secours. Notre espace culturel est ouvert à tous. On va vous mettre en appétit.
« Horizontes del Sur et l’Union des Femmes du Monde » sont aux fourneaux. C’est si bon ! C’est mieux que çà…
C’est Extra !
Il faut que l’on sache que Marseille est « L’Inventeur de la Fraternité »

– Oh fan, tu pousses pas le bouchon un peu loin, Richard ?
Eh bien , lisez la quatrième de couverture de ce livre étonnant de Georges Salines et Azdyne Aminour ( Editions Robert Laffont)

« Ce dialogue inattendu avec un homme musulman, tolérant, et pourtant père de djihadiste, représentait une extraordinaire opportunité de montrer qu’il nous était possible de parler. Si un tel échange avait lieu entre nous, alors nous pouvions abattre les murs de méfiance, d’incompréhension, et parfois de haine, qui divisent nos sociétés. »
Georges Salines
« Aujourd’hui, c’est avant tout une histoire de confiance et d’amitié qui nous unit. Nous avons appris à nous apprécier, pour comprendre, ensemble, et prévenir. Nous avons remonté le temps, tissé le fil de nos vies et de celles de nos enfants. Pour qu’une telle horreur ne se répète jamais plus. »
Azdyne Amimour

Georges Salines a perdu sa fille Lola dans l’attentat du 13 novembre 2015 au Bataclan. Elle avait vingt-huit ans.
De sa rencontre avec Azdyne Amimour, père de l’un des assaillants, a émergé un dialogue inédit. Georges Salines porte la mémoire de sa fille et de nombreuses autres victimes, tandis qu’Azdyne Amimour cherche à comprendre comment son fils a pu commettre des actes qu’il condamne sans appel. Poussés par une curiosité mutuelle, tous deux se racontent et déroulent le récit de « leur » 13-Novembre.
Au fil de cette conversation, un profond respect est né entre ces deux pères que tout aurait pourtant dû opposer. Leur témoignage nourrit une réflexion apaisée sur la radicalisation, l’éducation et le deuil. Parce que s’il reste les mots, il reste aussi l’espoir.
Vous avez lu. Rien à ajouter ! Ou bien oui ! Venez écouter Georges et Azdyne le samedi 3 octobre à la Fête de la Fraternité.
Il faut couillonner le covid…
Comment ? Aucun ouragan, aucun virus, aucun dictateur et même un certain moustachu en culotte de peau qui refusa de serrer la main de Jesse Owens triple champion olympique en 1936 à Berlin, ne put empêcher le grand Jessie de chantonner Sweet Georgia Brown à la remise de ses médailles. Quel huluberlu se prenant pour Dieu – ils se pavanent encore aujourd’hui d’Est en Ouest- pourrait construire un mur bouchant les oreilles des amateurs de jazz ? Bon pour accompagner merguez, moussaka et chips. Normal car…
……
Ce jazz qui d’jazze dans le soir

Et ce mal qui nous fait du bien

C’est extra !
Marseille on dirait que le coeur te va bien
Comme l’écrivait Guillaume Apollinaire.
Un pote de Léo !
Danseurs, écrivains, comédiens, cuisiniers, réalisateurs qui ont répondu présent à l’appel de Martin et de son équipe du Toursky sont appelés à se gorger d’émotion, de joie, de gravité.
Et de poésie
La poésie , en un feu furieux
Explose de sa bouche ardente
Et les idées , par groupes, s’accumulent
Propageant comme un tremblement de terre, mais de vie,
Rugissant en lave de sang
Frayant passage, d’un coup d’aile
A la soudaine et formidable explosion
Ana Maria Bahiana Brésil
Les derniers mots à José Marti.
Un grain de poésie suffit à parfumer tout un siècle
Avec un soupçon de fraternité marseillaise, ça devrait courir sur des millénaires.

François Missen

Découvrez ici l’intégralité du programme de la Faites de la Fraternité