La revue de presse
par Jean-Rémi Barland

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ACTUALITÉS

Retours sur le spectacle “Les vivants et les morts” joué au Théâtre Toursky le samedi 10 décembre.

 

DESTIMED – 2 janvier 2023
Marseille. Rencontre avec le comédien Günther Vanseveren qui joue dans ’Les vivants et les morts’ de Gérard Mordillat vue au Toursky et reprise au Rond-Point de Paris

lundi 2 janvier 2023

Il entre en scène et nous voilà saisis. Dans le rôle de Rudi, un personnage combatif en révolte contre la décision de fermer l’usine où il travaille, Günther Vanseveren marque de son empreinte « Les vivants et les morts  » la pièce de Gérard Mordillat que nous avons vue au Toursky et qui sera reprise au Rond-Point de Paris en février.

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Günther Vanseveren dans “Les vivants et les morts” (Photo François Catonne)

Comédien voltigeur, cascadeur chanteur, Günther Vanseveren esprit libre et curieux creva les planches dans « Hôtel des deux mondes  » la pièce de Schmitt aux côtés de Davy Sardou, Jean-Paul Farré et une mise en scène de Anne Bourgeois. Impressionnant tout au long du film de Jean Adrien, « Bien profond dans ton âme », Günther Vanseveren s’impose également dans « Don Juan est une femme » une comédie d’Olivier Maille où il partageait la scène au Café de la Gare avec Mathieu Coniglio. Écrivain il a également signé deux beaux recueils de poèmes dont nous vous reparlerons bientôt. « De l’encre pour les fauves » tout d’abord paru chez Edilivre-Aparis un recueil de poésies traitant de la passion, de l’imaginaire, de la jeunesse et de sa fougue, sur fond de tribulations générationnelles. « Geysers » ensuite un recueil de poésie sous forme de parcours initiatique retraçant les aventures réelles ou fantasmées d’un jeune homme du XXIe siècle et de son ressenti quant à son époque et sa génération.

« En prose ou en vers, les divers poèmes de l’ouvrage sont avant tout le partage d’une certaine vision du présent. D’une époque à l’autre, tout semble bousculé, mais l’essence humaine demeure intacte. Ici, la notion de temps n’existe plus… Simplement le maintenant rêvé, l’absolu fantasmé, dans une lutte poétique et imaginaire face au concret tour à tour joyeux, déprimant, passionné ou absurde de tout à chacun », nous dit-il via son éditeur Annick Jubien. Jamais là où on l’attend il est Shere Khan dans la comédie musicale « Le livre de la jungle » de Ely Grimaldi et Igor de Chaillé mise en scène par Ned Grujic. Günther Vanseveren a également joué en 2010 dans « Famille d’accueil » et en 2013 dans « Plus belle la vie » montrant par là qu’il est aussi à l’aise dans le théâtre « pointu » que dans les productions populaires. Preuve d’un éclectisme qui est aussi une force artistique.


Entretien avec Günther Vanseveren que avons rencontré au Toursky où la pièce “Les vivants et les morts” a connu un succès franc et massif et ce, avant sa programmation au Rond-Point à Paris.

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Günther Vanseveren (Photo DR)

Quel est votre parcours ?
J’ai commencé mon parcours dans le domaine de la cascade (une passion d’enfance). Cela m’a vite amené à jouer et à y prendre goût. J’ai donc commencé à décrocher des rôles au théâtre. Puis les spectacles devenant de plus en plus pluridisciplinaires j’ai fini par me mettre au chant (une autre passion). Disons qu’une passion artistique en a entraîné une autre jusqu’à les compléter au fil des ans.

Vous êtes un artiste multiforme. Quels sont les domaines artistiques que vous préférez défendre…Théâtre, cinéma, comédies musicales, cascades littérature ?
Je me sens davantage dans mon élément à l’intérieur du spectacle vivant en général, surtout au théâtre et dans le musical. Non pas que je ne m’intéresse pas au cinéma. J’ai un profond respect et un réel intérêt pour cet art. Mais simplement mon parcours s’est naturellement dirigé vers le spectacle. C’est la trajectoire qui m’a le plus souvent été ouverte et c’est aussi celle où maintenant je me sens le plus en famille. J’adore écrire aussi. De la poésie et des chansons. Mais ça, c’est davantage une passion solitaire par laquelle je peux m’évader et goûter à une autre forme de créativité surtout.

Comment êtes-vous arrivé sur “Les vivants et les morts” ? Que pensez-vous de cette pièce et comment définissez-vous le travail de Gérard Mordillat ?
Je suis arrivé sur le spectacle en passant une audition. Gérard Mordillat était encore en pleine recherche de sa distribution, notamment pour les rôles de Rudi et de Dallas. J’ai interprété un monologue et une chanson et le lendemain j’ai su que j’allais faire le rôle. Cela a été très vite, d’un coup. Pour ce qui est de la pièce en elle-même, j’ai d’abord lu le roman que j’ai trouvé magnifique. Il faut être insensible à mon sens pour penser l’inverse, ou pour du moins ne pas être touché par les personnages et leurs existences.

Dans la continuité de cette œuvre, je trouve que l’aspect théâtral et musical du spectacle alimente de manière originale le thème général. En effet, il y a pas mal de spectacles musicaux de grande qualité, il y en a toujours eu et il y en aura encore. Mais un spectacle musical sur fond de drame “social”, et adapté d’un roman à l’univers si marqué, c’est en ça que ce spectacle-là est vraiment une pure création. C’est ce mélange inattendu qui en fait sa particularité et sa richesse. Quant à Gérard Mordillat, au travail, c’est un metteur en scène très visuel. On sent le réalisateur en lui. Il est très sensible à l’atmosphère, à l’ambiance, visuelle comme sonore. Et pour cause, la musique fait partie intégrante du spectacle. Il sait exactement ce qu’il veut puisque c’est aussi un auteur et que cet univers fait partie intégrante de sa personne mais en même temps, il laisse aux acteurs une liberté d’interprétation assez large -tant que cela ne dénote pas du propos évidemment- mais il reste présent sans jamais enfermer ses comédiens. Il demande simplement de vivre la situation avec leur propre ressenti et surtout avec leur personnalité.

Comment vous a-t-il dirigé ?
Avec cette même liberté dont je parlais. Il m’a laissé m’exprimer le plus simplement du monde en me laissant évoluer sur scène avec ma propre personnalité, donnant juste certaines clés par moment quant à l’histoire du personnage et son passé par exemple.

Qu’est-ce qu’un bon metteur en scène pour vous ?
Il s’agit avant tout de tomber sur quelqu’un qui sait exactement ce qu’il veut. Qui a une idée plus que précise du rendu de ce qu’il attend. Rien de pire que le flou… Il s’agit de précision, d’une vision, d’attentes, de connaître son sujet sur le bout des doigts, de savoir pourquoi on y travaille et aussi, tout de même, d’aimer un minimum le travail des acteurs.

Parlez-nous de votre personnage de Rudi ?
Rudi, c’est avant tout l’histoire d’une enfance tourmentée. Marié assez jeune avec Dallas. Il voudrait vivre ce qu’il n’a pas vécu enfant (une vie de famille ; mais étant passé par des centres éducatifs, il en a été privé). Du coup, il ne s’est pas comment s’y prendre. C’est un chat sauvage, imprévisible, instinctif, potentiellement dangereux. C’est une intelligence brute. Il ne montre jamais de sensiblerie outrancière mais c’est dans la fraternité et l’injustice que sa fragilité et sa sensibilité se révèlent.

Vous et vos camarades de jeu faites partie d’une troupe. Pouvez-vous nous la présenter ?
La compagnie s’appelle : “Les rêves indociles”. Esther Bastendorff et Hugues Tabar-Nouval en sont les fondateurs. Et je dois dire que nous leur devons littéralement l’accomplissement de ce projet. C’est grâce à leur persévérance, leur motivation et leur passion qu’il a pu se réaliser. Les autres artistes du spectacle sont dans le même cas que moi, nous avons intégré la compagnie en rejoignant ce spectacle.

Vous avez également publié “De l’encre pour les fauves” et “Geysers” deux recueils de nouvelles. D’où vient cette passion de l’écriture ?
La passion pour l’écriture, je l’ai depuis gamin. J’ai toujours aimé m’évader en écrivant. En me racontant des histoires. Jouer avec les mots m’apaise. Il s’agit de deux recueils de poèmes écrits à quelques années d’intervalles. Il y a aussi des paroles de chansons dedans puisque j’ai fini par faire mettre en musique certains de ces textes avec l’aide d’un ami compositeur au sein de notre groupe “Accord ouvert”. Mes textes et poèmes sont souvent inspirés de rêveries, de songes. Je note mes rêves sitôt réveillé pour ne pas les oublier.

Vous êtes embarqué sur la comédie musicale “Le livre de la jungle” qui sur des textes d’Ely Grimaldi et Igor de Chaillé propose une mise en scène de Ned Grujic. Vous y jouez Shere Khan votre premier rôle de méchant. Comment définiriez-vous l’ensemble ainsi que votre jeu ?
C’est un très joli spectacle. Un grand classique aussi ! On y retrouve tous les héros (et anti-héros) de l’œuvre de Kippling. Avec un ton humoristique et décalé. De la danse, de la chanson, des marionnettes, des duels au bâton. De beaux costumes. C’est très complet, très énergique tout en restant assez artisanal dans l’esthétisme général. Et oui, Shere Khan, c’est un sacré personnage. Comme je ne pensais pas avoir l’âge du rôle à la base ni forcément sa corpulence (nous imaginons toujours un vieux tigre ou du moins un fauve assez imposant), j’ai travaillé avant tout sur le corps et la voix. J’ai fini par trouver une sorte de saturation vocalement pour assombrir le personnage et par lui trouver une démarche particulière. Après je suis aussi aidé par un maquillage et un costume qui permettent d’aller à fond là-dedans.

Quels sont vos projets ?
« Les vivants et les morts » va se jouer au Théâtre du Rond-Point à Paris en février. « Le livre de la jungle » va reprendre en tournée. A côté j’écris toujours. Des textes de chansons mais aussi un spectacle que j’ai en tête. J’ai également quelques concerts en prévision avec mon groupe “Accord Ouvert”.
Propos recueillis par Jean-Rémi BARLAND

« Les vivants et les morts » au Théâtre du Rond-Point de Paris du 14 au 26 février 2023 à 20h30. – Dimanche 26 février – 15h30 – Relâche les 19 et 20 février. Plus d’info et réservations : theatredurondpoint.fr –


DESTIMED – 28 décembre 2022
Marseille -Théâtre Toursky et Paris -Théâtre du Rond-Point. ’Les vivants et les morts’ une pièce musicale de Gérard Mordillat

mercredi 28 décembre 2022

C’est la pluie, c’est le vent, la tempête, le déluge.. Ils sont huit sur scène, actrices, acteurs, musiciens. Comme dans le théâtre japonais « Les Vivants et les morts » se joue sur un plateau nu sous la tutelle d’Alberto Giacometti qui disait à propos de ses sculptures : « J’enlève tout ce qui n’est pas nécessaire ». Dans cette version musicale de l’histoire, Rudi, Dallas, Varda et les autres se jouent de l’espace et de la lumière, inventant un monde où seule compte la réalité de leurs corps. Si le terme ne pouvait paraître anachronique, Les Vivants et les morts, version musicale, serait un oratorio.

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“Les vivants et les morts” (Photo Mathilde Thiou)

« “Les Vivants et les morts” est une pièce parlée et chantée qui s’ouvre sur un orage : la fermeture de l’unique usine de la région. Sur le plateau, les corps endurent, résistent au mal qui déchire les couples, qui bouleverse les familles, les syndicats, la ville toute entière. Soutenues par un chœur de quarante personnes, recruté dans chaque ville où nous nous produisons, les gorges nous font entendre les voix qui nous sont précieuses. Après la publication de mon roman, la réalisation de la série télévisée, cette version musicale des Vivants et les morts ne doit qu’au théâtre, rien qu’au théâtre et n’a d’autre vérité que théâtrale. » C’est en ces mots que Gérard Modillat présente sa pièce qui jouée au Toursky de Marseille sera reprise au théâtre du Rond-Point à Paris du 14 au 26 février prochain.

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Gérard Mordillat (Photo Roberto Frankenberg)

Un choc, un moment de pur bonheur fictionnel, avec des héros d’aujourd’hui, des rebelles, des victimes, des gens ordinaires transformés par la plume de l’auteur en protagonistes de drame antique. Au centre de cette saga de la révolte on trouve Dallas. Gérard Mordillat la définit ainsi : « Dallas est l’héroïne de cette histoire. En plus de ce qu’elle fait à la Kos, la plus grande entreprise de la région qui annnonce des plans de licenciements massifs, elle garde des enfants, fait des ménages et des extras le week-end dans la grande brasserie de Raussel. Mère d’un enfant d’un an, la vie est dure pour elle d’autant que, comme elle est très jolie, on la croit bête… Avec Rudi, son mari, ils se sont endettés pour acheter une petite maison. Rudi fait lui aussi des travaux supplémentaires, de la perruque, des chantiers, des déménagements en plus de son travail à la Kos. Pour lui aussi, la vie est dure, mais l’un et l’autre endurent sans se plaindre. Ils s’aiment, même si parfois le sort qui leur est fait les lance l’un contre l’autre. C’est passionnel, ça explose et la nuit seule les réconcilie. Dallas et Rudi sont emblématiques de ce que vivent beaucoup de jeunes couples emportés dans un monde en tempête, gouverné par la quête incessante du profit. Au bout du compte, Dallas sera la plus résistante, la plus déterminée, la plus courageuse, la plus lucide. La jeune et jolie Dallas sera devenue une femme remarquable ».

Dallas c’est sur scène Lucie Mennelet solaire et bouleversante magnifique comédienne. Rudi c’est Günther Vanseveren, comédien puissant, d’une présence magnétique, voltigeur cascadeur sur certains spectacles de théâtre qui accompagna Davy Sardou et Jean-Paul Farré sur « Hôtel des deux mondes  » de Schmitt donné au Théâtre Rive-Gauche de Paris dans une mise en scène d’Anne Bourgeois, et qui est également signataire de recueils de poèmes.

On trouve dans le rôle de Monsieur Format, Benjamin Wangermée comédien et auteur qui frappa les esprits dans le Off d’Avignon 2019 dans son one man show « Mickaël » où il campait un fan absolu de Mickael Jackson, et qui ancre ici son personnage dans un mélange de burlesque et de tragique. Lorquin, c’est Patrice Valota, que l’on a déjà vu mis en scène par Gérard Mordillat dans son film « Mélancolie ouvrière  ». Camille Desmoures (Varda), Esther Bastendorff (Mickie) Odile Conseil (La journaliste), complètent la distribution de cette pièce où chaque personnage éclaire un pan d’idées défendues par Mordillat. Mais précisons-le, d’une beauté esthétique prenante, « Les morts et les vivants » n’est pas une pièce à thèse décharnée et bavarde. L’auteur part de l’humain et de lui seul pour remonter jusqu’au concept, l’être singulier nous conduisant à la dénonciation sociale, et non l’inverse. Cela ajoute une force supplémentaire au projet citoyen de la pièce.

Musique et paroles de chansons signées François Morel

La particularité de la pièce par rapport au roman est d’inclure musique, paroles de chansons, et danses. « C’est Hugues Tabar-Nouval, le musicien, qui m’a proposé de faire une adaptation musicale de mon livre », précise Gérard Mordillat. « Très vite, nous sommes tombés d’accord sur la nécessité d’oublier mon roman et l’adaptation que j’avais réalisée pour la télévision, de faire une œuvre qui n’ait de réalité qu’au théâtre. Il fallait que je m’arrache définitivement à la littérature et au cinéma ; que ce soit du théâtre, rien que du théâtre. Et, petit à petit, nous sommes arrivés à la forme la plus épurée possible, renonçant aux décors, aux accessoires, à la vidéo, ne gardant sur scène que les actrices et les acteurs, que la parole et le chant. Si le terme ne paraissait pas inapproprié, je dirais que c’est un oratorio dont les lyrics sont écrits par François Morel.  » Et quels lyrics ! On en retiendra deux. Tout d’abord « C’est fini ».
Couplets
C’est fini !/ La Kos est morte/ C’est fini ! /Me v’la tout seul
J’suis fini ! Fini/ fini /Ratatiné /Désespéré

Couplets
C’est la fin/Plus de travail/Plus d’usine/Tout est fini
Liquidé/Adieu la Kos/Adieu ma vie/Adieu mon âme

(solo)

Refrain
C’est fini/Je ne suis plus rien/Rien de rien/Tout mort vivant
Qu’on m’enterre/Au soir venu/Sous la Kos/Où je n’suis plus

Couplets
C’est fini !/J’ai tout perdu/C’est fini/On m’a vendu

Tous licenciés/Les femmes aussi/Les hommes aussi Comme des chiens (ou comme des riens ?)
C’est fini !
C’est fini !/C’est bien fini/Portes fermées/Je suis viré
Dézingué/Abandonné/Ratiboisé/Exécuté
C’est fini !

Et ensuite « Regarde les mains  » qui conclut la pièce de manière fraternelle et poignante.

« Regarde ces mains/ Regarde ces mains/ Elles sont à nous /Ce sont des mains de travailleur /Quand on fini /Qu’on rentre chez nous /Elles ont besoin d’un peu de douceur /Regarde ces mains/ Elles ont trimé /Elles ont toujours été à l’heure/ Elles nous prolongent/ Et nous consolent/ Il ne leur manque que la parole /Regarde ces mains /Elles sont comme nous/ Elles ont besoin d’un peu d’chaleur/ D’un peu d’amour et d’amitié /Ce sont nos frangines nos sœurs /Regarde ces mains/ Pleines de blessures/Qu’ont jamais vu la manucure/ Regarde ces mains /Pleines de crevasses /Tellement fragiles sous la cuirasse 79 /Regarde ces mains /Qu’ont jamais fait La manche ou bien la charité /Qui n’ont jamais Prié l’Bon Dieu /Et qui n’ont jamais fait pitié/ Regarde ces mains /Qu’ont rien à voir Avec les mains des actionnaires /Qui servent à rien /Qui manquent d’honneur /Qui manquent de courage et de cœur/ Qui ne connaissent rien de la vie /Qui ont des mains Pour étrangler/Des mains pour tuer Tout casser/Des mains pour semer le malheur /Regarde ces mains/ Elles sont à nous/ Ce sont des mains de travailleur/ Regarde nos mains Qu’on peut serrer /Qui sont là pour nous protéger/ Si on osait On vous l’dirait /Elles ressemblent à la dignité (bis) /Si on osait On vous l’dirait /Elles ressemblent à la dignité ».

Belle conclusion pour une pièce qui est aussi, précise l’auteur : « Une formidable histoire d’amour dans la fureur du temps présent, un drame romantique ». Dénonciation de la mondialisation, mais dans une mise en scène tournée vers l’action, «  Les morts et les vivants » est un miracle d’équilibre entre le fond et la forme.


Université populaire au Toursky avec Gérard Mordillat, Eric Stemmelen et Christophe Clerc

Gérard Mordillat, on le retrouvera au Toursky de Marseille le jeudi 19 janvier à 1 9heures. aux côtés de Christophe Clerc, avocat et enseignant à Sciences-Po Paris, Eric Stemmelen docteur en sciences-économiques pour une conférence intitulée « La propriété des entreprises & austérité pour les pauvres ». Deux questions seront développées autour de deux axes : La propriété des entreprises où l’on se demandera Comment et pourquoi les actionnaires s’arrogent-ils le droit de commander les choix économiques et industriels des entreprises qu’ils contrôlent ? N’existe-t-il pas une autre conception de la propriété axée sur la compétence et le travail fourni ? Les dirigeants des entreprises et les salariés ne peuvent-ils pas revendiquer un droit de propriété ?

Et l’Austérité pour les pauvres qui mettra en lumière la chose suivante :
« Si les budgets de l’État et des collectivités territoriales diminuent, des services, des prestations ou des investissements ne seront plus assurés par les administrations centrales ou locales. Les ménages se tourneront ainsi vers des entreprises privées pour répondre aux nécessités qui ne seront plus couvertes par le secteur public. Les prétendues « économies » se traduiront par une augmentation des dépenses des ménages et donc par une hausse des chiffres d’affaires dans le privé : ce que le contribuable ne paiera plus, le consommateur devra le sortir de sa poche. »

Gérard Mordillat sur tous les fronts donc où il faut défendre l’humain. Et savourons aussi le plaisir de lire son nouveau roman « Ecce homo  » où il raconte le suaire comme on ne l’a jamais fait avant lui. Et toujours « Les vivants et les morts » bientôt au Rond-Point de Paris qui à n’en pas douter continuera son périple à travers toute la France. Mordillatissimo !
Jean-Rémi BARLAND

Conférence Gérard Mordillat – Christophe Clerc au Toursky de Marseille le jeudi 19 janvier à 19h. Entrée libre et gratuite. Réservez vos places par mail : billetterie@toursky.fr et par téléphone : 04 91 02 54 54.
« Les vivants et les morts » au Théâtre du Rond-Point de Paris du 14 au 26 février 2023 à 20h30. – Dimanche 26 février – 15h30 – Relâche les 19 et 20 février. plus d’info et réservations : theatredurondpoint.fr