La Légende du Saint-Buveur

«RETOUR»
Théâtre Salle Toursky Saison 2020/21

Christophe Malavoy

Poignant.

1934. Un soir de printemps à Paris. Un vieil homme élégant et mystérieux descend les marches conduisant aux berges de la Seine. Des centaines de clochards y vivent au gré des hasards. Pour une raison inconnue, il choisit l’un d’entre eux, Andréas Kartak, et lui remet une coquette somme…

Chose inespérée pour Andréas Kartak. Perplexe, le sans-abri, ancien mineur de Solésie ayant fait de la prison meurtre, ne sait quoi faire et pense refuser cet argent dont il a pourtant besoin. Puis il se ravise mais tient néanmoins à le rembourser car il est, avant tout, un homme d’honneur. Et ce peu de dignité qui lui reste, il souhaite le préserver.

Le mystérieux donateur comprend et en homme pieux, demande à Andréas de déposer l’argent à l’église de Sainte-Marie-des-Batignolles si un jour il peut le rembourser. Malmené par la vie, l’alcool étant sa plus grande faiblesse, Andréas parviendra-t-il à tenir sa promesse ?

L’errance du Saint Buveur n’est pas sans rappeler celle de Joseph Roth. Lorsqu’il achève ce conte, l’écrivain autrichien est en exil à Paris après avoir fui le régime nazi. Il vit les heures les plus sombres et difficiles de son existence. Son écriture simple et élégante est en totale osmose avec le personnage d’Andréas et son histoire.

Le texte captive. La mise en scène est sobre, dépouillée et délicate. Seule la musique — quelques airs de Léo Ferré et de Richard Rodgers, émaillés de sonorités graves et mélancoliques sortis d’une trompette — vient entrecouper ce fascinant récit.

Christophe Malavoy, plein de retenue et d’émotions subtiles, rend l’histoire de ce Saint Buveur palpable. Il est ce SDF au cœur tendre. Choqué par la promesse non-tenue d’Emmanuel Macron qui s’était engagé à ce qu’il n’y ait plus de sans-abris dans les rues, il rend hommage aux milliers de sans-abris.

De Joseph Roth
Interprétation, adaptation et mise en scène : Christophe Malavoy
Scénographie : Francis Guerrier
Lumières : Maurice Giraud

©DR
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® En cas de jauge réduite, représentation supplémentaire Mercredi 20 janvier - 19h