Le mot de Richard Martin

Alors que s’ouvre cette nouvelle Saison 2016/2017, nous ne pouvons quitter la précédente sans évoquer ses sombres événements. Janvier et les attentats contre Charlie Hebdo. Novembre et ceux perpétrés au Bataclan, au Stade de France et aux terrasses des cafés parisiens. Nous sommes désarmés. Face à tant de haine et de bêtise.

Pour ma part, je suis en colère. Des années que je vois croître les haines et les inimitiés dans ce quartier le plus pauvre d’Europe.

C’est pour lutter contre ces fanatismes que je défends sans relâche depuis toujours la culture, indéfectible lien social.

C’est pour lutter contre l’ignorance que nous ouvrons les portes du Théâtre à tous les publics et organisons, en marge de notre programmation, nombre de moments de rencontres et de partage.

C’est pour tous que, inlassablement, chaque année, je convie une programmation variée, bigarrée et métissée dans ce lieu que j’ai fondé il y a 45 ans.

Nous ne cessons de le dire, de le clamer et de le revendiquer : la culture n’est pas un luxe improductif, au contraire ! Sans elle, pas d’humanité possible ! C’est elle, peut-être même elle seule, qui nous permettra de lutter contre tous les obscurantismes.

Informer, enseigner, partager, ouvrir ces portes sur le monde que sont la Culture et la Connaissance. Notre pays a besoin du souffle de l’art, des poètes et des saltimbanques pour recouvrer les forces nécessaires à la lutte contre la barbarie.

Notre gouvernement actuel semblait l’avoir entendu puisque, au lendemain des attentats de novembre, le Président François Hollande demandait à notre ex-Ministre de la Culture et de la communication, Mme Fleur Pellerin, des moyens supplémentaires pour la Culture.

Que s’est-il passé depuis ? Rien ? Ah, si, nous avons changé de ministre de la Culture. Et puis, ici même, il s’en est fallu de peu pour qu’un parti politique extrémiste ne remporte les élections régionales. Ici même, les subventions de nos institutions de tutelle au Théâtre Toursky ont dangereusement diminué. La salle Léo Ferré quant à elle, ouverte fin 2014, toute entière tournée vers la création, la musique, les arts et l’accueil d’artistes locaux, n’a reçu aucun soutien financier. La Saison 2016/2017 que nous y programmons pourrait être la dernière dans cette salle, car il n’est pas question que son existence mette en péril le Toursky lui-même. Nous sommes très inquiets.

Pourtant, en cette Saison 2016/2017…

Nous lançons l’abonnement Solidaire, parce que nous croyons toujours en la solidarité.

Nous lançons les ateliers du Toursky parce que nous croyons toujours en l’enseignement et au partage des savoirs.

Nous aurions aimé ranimer l’IITM (Institut International du Théâtre Méditerranéen) et ses 26 pays en réseau et prouver,
avec force et vigueur, que Orient et Occident ne sont qu’un, mais…

Je vous le promets, cette Saison 2016/2017 aux Toursky et salle Léo Ferré va être riche, belle, variée, truffée de moments inoubliables, de temps forts et de rencontres.

Il y aura du théâtre, de la musique, des parfums d’ici et d’ailleurs, des talents confirmés, d’autres émergents, des amis de longue date, des amitiés à lier, des universités populaires, beaucoup de thèmes, de grands noms pour nos expositions, le 100e anniversaire de Léo, des rires et des conversations jusqu’au bout de la nuit… Il y aura tout cela, oui.

Et demain ?

Christophe Alévêque nous le promet : « ça ira mieux demain ! ».

Alors, commençons avec lui et… belle saison à tous,